Vous avez 90 % de compatibilité avec untel, affiche la notification d’une application de rencontre à une patiente. En séance, celle-ci commente aussitôt : Eh ben c’est raté, on n’avait rien à se dire !
Il n’y a jamais eu autant d’applications de rencontre et de services de prestation pour « faciliter » les rapprochements de corps aussi bien à destinée sexuelle qu’amoureuse. Voici l’intelligence artificielle censée garantir la bonne rencontre, sexuelle ou amoureuse. Cela suffit-il cependant pour qu’il y ait rencontre ? Rien n’est moins sûr. Et si cela a lieu, s’agit-il d’une bonne ou d’une mauvaise rencontre ? Trois cases cochées sur une applications suffisent-elles vraiment à assurer que ce soit le bon ou la bonne ? Comment lire cet essor moderne ? N’est-ce pas une énième tentative, qui épouse ces dispositifs plus ou moins nouveaux, pour éviter de s’affronter au ratage et au non-rapport sexuel ? Force est de constater que ces derniers ont encore de belles heures devant eux, puisqu’ils sont de structure !
Dans l’après-coup du dernier congrès de l’Association mondiale de psychanalyse dédié à l’étude de l’aphorisme lacanien Il n’y a pas de rapport sexuel et à l’approche du colloque Uforca sur Rencontres à portée de clic, le bulletin Ironik ! a souhaité donner écho aux travaux des Antennes, Collèges et Sections cliniques francophones concernant les expériences et rencontres du sexuel. Vous pourrez lire combien le sexuel comporte un caractère d’étrangeté, qu’il fait trou dans la trame du sujet et de son savoir. Autour de ce troumatisme du sexuel, du point d’ombilic qu’il emporte, textes du rêve, paroles et semblants tournent, vivotent.